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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:53


« L’ancienne bâtisse se situait à flanc de colline, en plein cœur du village. Elle fut construite en 1834 dans la plus pure architecture traditionnelle sudiste. On aurai pu la confondre avec un bâtiment officiel tant elle était colossale. Un étage et un grenier inexploité, vingt-cinq chambres, une trentaine de lits et une dizaine de cheminées. Sous le porche, soutenu par six colonnes, flottait la bannière américaine et non loin de l’entrée, une calèche de l’époque, parfaitement entretenue était éclairée par des projecteurs. D’ailleurs toute l’auberge était éclairée, ce qui la rendait encore plus démesurée dans la nuit noire et calme.

A l’intérieur, rien ne semblait avoir bougé depuis deux siècles. Le parquet ciré craquait à chacun de vos pas. Des tapis décolorés et défraîchis s’étendaient le long des couloirs et occupaient les salons. Les consoles de bois vernis meublaient les vastes pièces. Les portraits d’ancêtres succédaient aux scènes de bataille. Un peu partout, des chaises à bascule se balançaient toutes seules. A ce propos, la légende racontait que le fantôme du Général, héros de la guerre civile, hantait la maison. Il descendrait l’escalier d’un pas lent durant la nuit.

Ce qui m’a le plus frappé c’est ce couloir qui traversait de part et d’autre la demeure. Toutes les chambres du rez-de-chaussée donnaient sur ce couloir. Du sol au plafond, toute une multitude d’accessoires étaient accrochés ; des casseroles en cuivre, des poêles, des marmites en fonte, des plats en fer et des ustensiles de cuisine. Ils avaient servis, rongés par la rouille. Une chaîne suspendait une cuirasse noirâtre. Une collection de bottes en cuir usé et des cuissardes épaisses reposaient sur une malle dont l’osier s’effritait. De vieilles lanternes ne demandaient qu’à être rallumées. La fourrure d’un sanglier faisait face à la tête d’un ours empaillé. Les chenets poussiéreux conservaient les marques du charbon incandescent. De la poudre, il y en avait encore dans les fusils suspendus. Ils n’avaient pas tiré depuis la guerre civile mais on prenait soin de les entretenir en vernissant la crosse. Les pistolets comblaient quant à eux, les espaces vides.

Une garnison entière avait abandonnée son paquetage ; la somptueuse propriété et tous ses biens résistaient aux assauts du temps. Un véritable musée. J’étais fasciné. »

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Published by Poupoune
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Bonjour à toi visiteur,

Sache que j'ai supprimé ce blog. Retrouve mon nouveau blog ici: http://guillaumeduhan.blogspot.com!

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