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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 00:25

"HMM. Hawaiian Magic Mushrooms. Ce soir, l’île est si proche de nous. J’ai avalé ces champignons et mon estomac s’est embrasé. Il est lourd et m’enfonce dans le canapé. Je perds toute légèreté. Les vents chauds battent le flanc droit de ma jambe. Mon corps s’amollit et mes membres s’allongent. Tandis qu’une explosion de couleurs tâche la pièce entière. Un filtre voile ma vision. Je me lève et je semble être à onze mètres au-dessus du sol. Des lignes s’élancent de mes pieds et traversent les murs. Elles quadrillent l’appartement. La tête de Wilfried s’anime sur le comptoir ; il n’a plus de corps ! Quand tout-à-coup, je suis aspiré par le plafond. En réalité, je suis à côté du guitariste qui tient son instrument sur ses genoux. Il a de grands yeux, la peau rouge et tout ce qui l’entoure est jaune. « Je te sens énervé, reste cool, lance-t-il. » Il a raison. Je me calme et je plonge dans un état de transe. Lui il est le charmeur de serpent, moi le cobra. La musique s’engouffre dans mes oreilles et se déforme. C’est le médecin qui la manipule. Il l’interrompt et la joue à nouveau. J’entends quelqu’un dans la chambre froide. Alors que le temps s’arrête, nous entrons en communion tous les quatre. J’attrape une banane. Je commence à la manger. Elle est interminable. Elle s’étire. Elle pousse. Encore et encore. Je suis persuadé qu’elle vient de la Martinique néanmoins je n’en suis pas sûr. Jusqu'à ce qu’un type qui lévite à la fenêtre me le confirme. Wilfried jette la peau. Je m’effondre en pleurs. Je contiens le monstre en moi dans les mots que j’écris. Mais la feuille est mouillée. L’encre se disperse et disparaît. La feuille l’absorbe. La feuille veut rester vierge. On regarde à nouveau l’heure et on éclate de rire. Je vais à la fenêtre. L’extérieur est fascinant. Le monde entier est une fourmilière. Le serpent maléfique transporte les êtres au loin. Les arcades de la place Bergonié deviennent une pièce de théâtre. Les personnages costumés et masqués se meuvent sous la lumière et des ombres gigantesques se projettent sur la façade. Je sais au fond de moi que ce monde n’existe pas. Qu’il s’arrête derrière ces murs. Qu’au bout de ce long couloir sombre, il n’y a rien. Qu’une fois cette porte franchie, la mort nous attend. Dans son habit noir, elle nous fixe. Droite, immobile et patiente. Elle guète notre faux pas..."

 

Guillaume Duhan

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Published by Poupoune
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Bonjour à toi visiteur,

Sache que j'ai supprimé ce blog. Retrouve mon nouveau blog ici: http://guillaumeduhan.blogspot.com!

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