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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 14:25

Après avoir passé une nuit chez moi, voilà ce qu’a écrit Frédéric au matin.

« Duck Sauce


Ce soir je dors chez un artiste ; un vrai ; un fou. La bête qui criait « moi » au centre de l’univers a disparu, laissant place à un volute de fumée au travers duquel l’âme même est à peine décelable. Mes sens sont décuplés, je ne touche plus, je fusionne avec l’environnement, je ne vois plus, mon regard devient perçant et pénètre l’esprit des gens, je ne goûte plus, je ne sens plus, mon esprit se ferme et s’ouvre frénétiquement, je n’entends plus, le moindre bruit à des kilomètres à la ronde devient une réalité appartenant à la pièce ; cette pièce. Au moment même où j’en ai foulé le sol, psyché s’est jouée de moi, la moindre bouffée d’oxygène s’apparentant à la prise d’une énorme quantité de drogues, et ce, avec une rapidité dépassant l’imagination. Pourtant, il n’y avait dans cet appartement aucune substance illicite, aucune drogue autre que l’art qui s’était imprégné profondément dans les entrailles même du bâtiment. Mais c’est cet art et son infinie puissance qui me faisait cet effet-là. La pièce elle-même était vivante. L’était-elle réellement ou bien étais-ce encore un tour de Guillaume visant à embrouiller l’esprit des gens qui pénètrent chez lui ?

« What did the duck do there? » Je rêve… « What did the duck do there? » Pourquoi est-ce que je rêve en Anglais ? « What did the duck do there?» Le son « D » martèle ma tête et cet effet butoir rend mon esprit lourd, si lourd que ça ne peut pas être un rêve à moins d’être un rêve éveillé. « What did the duck do there? ». C’est son radiateur ! Les enchainements aléatoires de tintements de cet objet devenu vivant martèlent mon cerveau. « What did the duck do there? » Sur le bureau de son ordinateur… « Duck Sauce », je comprends mieux maintenant, le son « D » et cette phrase incohérente qui occupe mes pensées. Pourtant, les moments comme celui-ci sont perpétuels ici. Comment se persuader que l’on est pas en train de sombrer dans la folie quand on a pénétré en son sein et qu’aucun de nos actes n’a désormais de sens ?

Ce soir je dors chez un artiste ; un vrai ; un fou. Et au moment où je fermerai les yeux et tendrai les bras à Morphée, ce que je verrai sera plus réel que tout ce que j’ai vu dans la journée car passer une journée avec Guillaume, c’est se laisser emporter bien plus loin que là où les rêves et l’imagination la plus folle peuvent nous amener. C’est passer une journée avec un artiste. »

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Published by Guillaume Duhan
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