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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 13:48

         « A trois heures du matin, Robert s’est mit à tout défoncer dans la chambre. Notre Landlord, nous a avertis la veille que d’ici deux semaines, on devrait partir. Ils ont foutu le bordel. James avoue que ca fait six mois que le propriétaire tente de les expulser. Pour le moment, il n’a pas réussi. Du coup, il laisse deux semaines à ses locataires pour évacuer les lieux. En clair, nous sommes foutus dehors.

« On va leur montrer les deux semaines ! » s’écrit Rob en éclatant la télé contre le mur.

Wilfried et moi assistons impuissants à cette scène. Dans un excès de rage, James et Rob décident de détruire l’appartement. [...] James transperce les armoires à coup de pieds et toutes les bouteilles vides d’alcool collectionnées et disposées au dessus lui tombent sur la tête, provoquant l’explosion de milliers de bouts de verre à travers toute la pièce. Il en a partout, il saigne et ça ne l’empêche pas de continuer. [...] James me tends Collected Poems d’Arthur Rimbaud, recueil de poèmes en anglais, traduits en français. Il me demande de les lire pendant qu’ils s’affairent à anéantir la collocation. N’importe quelle personne raisonnable aurait tentée de les stopper. [...] Seulement Wil et moi nous étions plus que témoins. J’avoue même avoir ressenti un certain plaisir à les voir démolir l’appartement. Wilfried lui, montrait son entouthiasme et son excitation.

Je décide de me lancer dans leur ouvrage déséquilibré. La chaise, qui servait de meuble-télé, est à présent vide. Je monte dessus, j’ouvre le livre à la page deux-cent-vingt-deux et le hasard fait que je tombe sur « Nuit de l’Enfer ». Je commence à lire :

« J’ai avalé une fameuse gorgée de poison. – Trois fois béni soit le conseil qui m’est arrivé – Les entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme, me terrasse. Je meurs de soif, j’étouffe, je ne puis crier. C’est l’Enfer, l’éternelle peine ! Voyez comme le feu se relève. Je brûle comme il faut ! Va, démon ! …» 

Je suis debout en caleçon. Je lis Rimbaud en français pendant qu'ils anéantissent l'appartement. Pendant que la coloc' brésilienne pleure. Ils me font des éloges, me disent que le français est une langue magnifique. Rien de plus normal. »

Guillaume Duhan

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Published by Poupoune
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commentaires

alter.art 27/04/2010 13:32






La scène devait être totalement surréaliste !


Et ça ne m'étonne guère qu’elle soit une source d’inspiration ; tu as toujours eu, il me semble, une certaine "fascination" pour la destruction et le
chaos.


Tu as beaucoup écrit quand tu étais à Londres ?




Poupoune 10/06/2010 03:30



Je vois ton message que trop tard! Oui j'ai assez écrit! lool



Texte Libre

Bonjour à toi visiteur,

Sache que j'ai supprimé ce blog. Retrouve mon nouveau blog ici: http://guillaumeduhan.blogspot.com!

A bientôt!

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